La contraception d’urgence, utilisée au plus tard dans les 3 à 5 jours après un rapport sexuel non ou mal protégé, fait appel à la contraception hormonale d’urgence (pilule du lendemain) ou à la pose d’un dispositif intra-utérin au cuivre.
Qu’est-ce que la contraception d’urgence ?
La contraception d’urgence désigne des méthodes contraceptives utilisables pour prévenir la survenue d’une grossesse après un rapport sexuel non protégé. Il est recommandé de mettre en œuvre ces méthodes dans les 5 jours qui suivent ce rapport, mais plus elles sont utilisées tôt, plus elles sont efficaces.
Deux méthodes sont possibles et ont un mécanisme d’action différent :
Les pilules hormonales contraceptives d’urgence ou « pilules du lendemain » qui permettent de bloquer ou de retarder l’ovulation. La contraception d’urgence hormonale est une méthode de rattrapage qui n’est pas destinée à être utilisée régulièrement.
Les dispositifs intra-utérins au cuivre (stérilets) empêchent :
- la fécondation par effet toxique sur les spermatozoïdes et l’ovule ;
- et également l’implantation d’un ovule fécondé par un spermatozoïde en provoquant une inflammation de la muqueuse utérine.
La contraception d’urgence ne provoque pas l’interruption d’une grossesse.
Elle est inefficace une fois que l’œuf fécondé s’est fixé dans l’utérus et que la nidation a commencé. Dans ce cas, elle ne nuit pas à l’embryon en développement.
C’est pourquoi l’utilisation de la contraception d’urgence n’est possible que jusqu’à 3 à 5 jours suivant un rapport à risque.
Les méthodes de contraception d’urgence
La contraception d’urgence hormonale ou pilule du lendemain
La contraception hormonale d’urgence se présente sous la forme d’un seul comprimé à prendre à n’importe quel moment du cycle, si possible dans les douze heures après le rapport à risque et au plus tard :
- dans les trois jours pour la contraception au lévonorgestrel (hormone progestative) ;
- au plus tard, dans les cinq jours pour la contraception à l’ulipristal acétate (médicament empêchant l’action de la progestérone).
Vous avez pris une contraception hormonale d’urgence et vous êtes enceinte, malgré tout
La grossesse peut être poursuivie, le risque de malformation du fœtus avec l’ulipristal et le lévonorgestrel n’a pas été mis en évidence.
Allaitement et contraception hormonale d’urgence
Lorsque l’allaitement n’est plus exclusif, une contraception est nécessaire car un risque de grossesse existe.
Si vous utilisez l’ulipristal ou le lévonorgestrel en contraception hormonale d’urgence, sachez que la quantité ingérée par votre bébé via le lait est très faible. Aucun événement particulier n’a été signalé chez des enfants allaités par des mères ayant pris une contraception d’urgence. Une suspension de l’allaitement n’est pas nécessaire après la prise de la contraception d’urgence.
La contraception hormonale d’urgence (pilule du lendemain) est prise en charge par l’Assurance Maladie.
Les effets indésirables de la contraception hormonale d’urgence
Quelques effets indésirables peuvent survenir après la prise du comprimé : nausées, maux de tête ou maux de ventre, petits saignements (spotting). Ils sont rares et disparaissent en général rapidement. Des troubles des règles qui peuvent être avancées ou retardées sont également observés.
En revanche, la contraception d’urgence hormonale n’augmente pas, pour l’avenir, le risque d’infertilité, de fausse-couche spontanée ou de grossesse extra-utérine.
Quelques conseils pour l’utilisation de la contraception hormonale d’urgence
L’utilisation de la contraception d’urgence nécessite quelques précautions :
- il n’est pas recommandé d’utiliser la pilule du lendemain deux fois dans le même cycle, c’est-à-dire entre deux périodes de règles ;
- en cas de vomissements dans les 3 heures après la prise du comprimé, il faut prendre un nouveau comprimé ;
- dans certaines situations médicales (maladie grave du foie, asthme sévère, antécédents d’infections gynécologiques ou de grossesse extra-utérine…), un avis médical est nécessaire avant la prise d’une contraception hormonale d’urgence ;
- la prise de certains médicaments, par exemple pour l’épilepsie, la tuberculose, le VIH… ou la prise de millepertuis peuvent diminuer son efficacité ;
- jusqu’au retour des règles, une contraception locale (préservatifs…) doit être utilisée à chaque rapport car la contraception d’urgence n’agit que pour les rapports qui ont eu lieu AVANT la prise du comprimé.
L’utilisation de la contraception d’urgence hormonale doit rester exceptionnelle. En effet, elle n’est pas efficace à 100 %. Elle ne peut remplacer la prise d’une contraception régulière associée à un suivi médical.
La contraception d’urgence intra-utérine : le stérilet
Quel type de stérilet pour une contraception d’urgence ?
La contraception d’urgence intra-utérine est une méthode moins connue, car plus complexe à mettre en œuvre. Cependant, le dispositif intra-utérin (DIU) au cuivre (dispositif en forme de T) ou stérilet constitue la méthode de contraception d’urgence la plus efficace en cas de rapports sexuels non ou mal protégés. La pose d’un stérilet est possible chez la femme qui n’a jamais été enceinte.
Le DIU en cuivre a un effet spermicide et rend les spermatozoïdes inactifs. Il ne bloque pas l’ovulation, mais en agissant également sur la muqueuse utérine, il empêche qu’un ovule fécondé ne se fixe dans l’utérus.
Ce stérilet en cuivre doit être posé dans les cinq jours maximum qui suivent le rapport sexuel à risque. La pose d’un stérilet nécessite une consultation préalable chez un médecin, un gynécologue ou une sage-femme afin de s’assurer de l’absence de contre-indications, en particulier malformations utérines, infection gynécologique (salpingite, infection à chlamydia par exemple) ou saignements inexpliqués. En l’absence de contre-indications, le professionnel de santé prescrit le stérilet.
Le dispositif intra-utérin (DIU) est inséré dans l’utérus par un médecin ou une sage-femme. Une fois posé, le stérilet peut rester en place et devenir une contraception régulière.
Le DIU au cuivre est disponible en pharmacie sur prescription médicale pour un coût d’environ 30 euros. Il est pris en charge à 65 % par l’Assurance Maladie.
La pose d’un stérilet au cuivre est possible si vous n’avez jamais été enceinte
La plupart des femmes peuvent utiliser un DIU au cuivre comme contraception d’urgence, puis en contraception régulière. Contrairement à l’idée reçue, il n’est pas nécessaire d’avoir déjà eu des enfants pour pouvoir se faire poser un stérilet.
Les effets indésirables du dispositif intra-utérin
La pose du DIU peut entrainer de légères pertes de sang et des douleurs du bas ventre pendant quelques jours qui seront calmées par des antalgiques habituels. Les complications infectieuses sont rares.
Le DIU au cuivre peut allonger ou augmenter les règles surtout les premiers mois.